Medine Le jour où j’ai arrêté le rap Lyrics

[Couplet unique]

Le rap, c'est la péquenaud parade, les rappeurs croient qu'la Terre est plate

Paraîtrait qu'en Malaisie, on croise les sosies de Tupac

MTV, Malaise TV, j'les regarde à la télé

Moi, j'suis qu'une demoiselle d'honneur, mieux habillé qu'la mariée

Mille fois, j'ai arrêté le rap, mille fois, j'ai recommencé

Quand j'ai trouvé toutes les réponses, toutes les questions avaient changé

On m'a dit : "T'es d'Normandie, tu ne passeras pas l'année", on s'inscrit pas au prix Goncourt avec le contenu d'une BD

Les prétentions d'un ch'val de course, les résultats d'un âne

C'est l'image de mon parcours, entre obstacle et peaux d'banane

Mais est-c'que le disque qui marche, c'est le meilleur disque ?

Les prostituées les plus d'mandées, c'est pas toujours les plus belles filles

J'aime cette musique même quand elle ressemble à la pop

Mais j'me méfie d'elle comme d'un garagiste aux ongles propres

Que des vendeurs de vertu qu'ont pas d'échantillon sur eux

Leurs émissions sont plus nocives qu'les émissions de CO2

Un emballage différent mais c'est toujours les mêmes conneries

J'entends que d'la merde toute la journée comme un tableau d'galerie

J'voulais faire des films d'auteur quand tout l'monde fait des films d'action

C'est ainsi qu'le rap conscient est devenu une malédiction

On n'reproche pas à son prochain de faire le bien

Eux, ils veulent téter le lait, moi, j'veux mordiller le sein

Éclaté dans la machine comme un putain d'foie d'alcoolique

J'm'intéresse pas aux SDF, mais à ceux qui les fabriquent

J'me fabrique pas d'problèmes de cœur, j'ai encore des problèmes de fric

Qu'est-ce que j'ai pu être naïf à croire au pouvoir d'la musique

J'dois avoir l'syndrome du rappeur qu'a rien à dire

Néglige l'estomac du pauvre et soulage la conscience du riche

Béni soit l'jour où j'ai arrêté l'rap de pompeux

C'est l'même jour où j'ai appris à mon encontre

Qu'il n'y a qu'une seule moitié du peuple qui gueule

Et que toujours, c'est l'autre moitié qui vote

J'ai plus envie d'les contredire, j'attends qu'ils changent d'avis

J'veux plus mourir pour mes idées, aujourd'hui, j'veux en vivre

Car mourir pour ses idées, ça veut pas dire qu'elles sont toutes bonnes

J'crois qu'Adam et Ève auraient dû manger l'serpent, pas la pomme (pas la pomme)

Je n'suis ni une excuse, ni un exemple

Si t'as l'cerveau qui s'enrhume, de tout ça, j'veux être exempt

Je n'diffuse que endorphine et stéroïdes pour émotions

J'suis celui qui dans les sondages répondra "sans opinion"

C'est pas d'ma faute, [?], j'peux plus mener le combat d'un autre

J'veux pas avoir d'érection avec les testicules d'un autre

Des pseudo-engagements d'ados, tout ça rien qu'pour plaire au groupe

Partir dans l'humanitaire pour soigner son chagrin d'amour

J'veux pas parler du changement, poto, moi, j'veux l'incarner

C'est pour ça que j'vide mon encre et que j'remplis mes carnets

Plus d'vingt piges, mon public m'écoute entre père et fils

J'suis l'MC avec la dégaine d'un pilier de rugby

Sourcils en accent circonflexe, toujours le visage circonspect

Ça m'écoute depuis les cornflakes, t'étais pas encore circoncié

Pas d'révolution d'palier, j'parle comme au café du commerce

J'arrêterais l'rap à dix-huit heures, comme une manif' de fonctionnaires (pull up, pull up, pull up)

Paraît qu'l'âge, c'est dans la tête, ça s'voit quand même sur la gueule

Si j'vois l'rap comme au premier date, c'est qu'j'suis atteint d'Alzheimer


Medine Le jour où j’ai arrêté le rap, lyrics, paroles

Medine Le jour où j’ai arrêté le rap